Roman fantastique de Pascal Wurffel

Le secret du diamant aux reflets d'argent

Dédicace

Aux femmes de ma vie.

À mes petites filles; Malaury, ma première lectrice, Angélina, Naïma et Alyssia, vivez vos rêves et n’arrêtez jamais d’y croire.

À mes deux filles, Aurélie et Laëtitia, qui ont toujours cru en moi.

À ma femme, Brigitte, qui m’a encouragé et soutenu dans mon rêve imaginaire et fantastique.

À ma mère, Ginette, qui m’appelait, son grand rêveur.

Introduction

    Avant de raconter l’histoire extraordinaire de Danny, il faut remonter dans le temps, de 66 millions d’années, à quelques jours près, alors que la planète Terre venait d’être frappée par une pluie d’astéroïdes. L’un d’entre eux n’apporta pas que la destruction. Au coeur de cette météorite, une entité maléfique fut libérée, après l’impact. Il s’ensuivit l’extermination des dinosaures et de la plupart des végétaux, qui avaient mis des millions d’années d’efforts pour vivre. Le chaos qui régnait, dans une grande noirceur causée par un épais manteau de poussière et de gaz, dura plusieurs années. Le soleil ne pouvait y pénétrer et les seules sources de lumière étaient la couleur rouge orangée de la lave des volcans en éruption et les éclairs de tonnerre qui, sans interruption, déchiraient le ciel. Les feux que cela provoquait brûlaient le peu de végétation qui avait survécu.

    Pourtant, dans ce paysage apocalyptique, une faible lueur jaune d’or apparut, par une brèche, sur le flanc d’une montagne. Cette déchirure laissait entrevoir l’ouverture d’un passage qui débouchait dans une grotte immense et la source de cette lumière venait de son centre. Contrairement à l’extérieur, où le vacarme ininterrompu depuis la nuit des temps continuait, un silence déconcertant faisait de la caverne un lieu calme et paisible. Tout à coup, des ondulations se mirent en mouvement tout autour du jet de lumière. Il y en avait partout dans la caverne et l’agitation de cette matière translucide s’accéléra pour se rassembler et former une boule en suspension, au-dessus du faisceau lumineux. Quand, brusquement, le faisceau s’illumina d’une intensité aveuglante et la boule de matière explosa, laissant un épais écran de fumée.

Au fur et à mesure que la fumée disparaissait, on aperçut les parois de la grotte scintillant de milliers d’éclats argentés, puis une masse en position foetale sur le sol. Peu à peu, on distingua nettement la masse qui prenait vie, puis se dépliait pour finir par se redresser. C’était un homme nu, aux cheveux longs, qui venait apparemment de se métamorphoser. L’homme se contempla, visiblement pour la première fois, et s’examina sous toutes les coutures. Il regardait partout autour de lui, pour observer les lieux, puis il revint sur ses mains et remua ses doigts avec fascination. Soudainement, d’un claquement de doigts, il se retrouva, par magie, habillé d’une tunique de couleur marron. Puis il s’assit, les jambes croisées et les bras en croix sur la poitrine. Il commença alors à marmonner une incantation en se balançant. L’homme se mit à flotter dans la grotte, tout autour de la source d’énergie qui se dégageait du centre de l’antre et cela pendant un très long moment.

 

    Au bout d’un an, et après avoir flotté dans la grotte, l’homme finit par redescendre sur le sol. En faisant face au jet de lumière, il tendit les bras en l’air en forme de V, puis, prononça à haute voix et de façon théurgique :

 

–Maîtres de l’univers, où que vous soyez, le temps est venu de s’unir.

 

    L’histoire de Danny commence 66 millions d’années plus tard, de nos jours, à quelques heures près…

 

    Vernouville était un petit village paisible où il faisait bon vivre. Puis, avec le temps, il est devenu une ville en pleine expansion. La construction d’un collège, il y a cinq ans, a incité les familles à venir s’installer dans la région, qui a connu une explosion économique fulgurante et de petites entreprises florissantes ont vu le jour. La localité a maintenant des rues commerçantes et piétonnières, son cinéma, un musée et même son service de transports en commun. Prise entre une petite rivière et une colline, la ville est constituée de différents quartiers, comme celui des poètes, celui des oiseaux ou bien encore celui des fleurs. Sur le flanc de la colline se trouve une rue bordée de tilleuls où l’on aperçoit de petites maisons de briques rouges. C’est une rue tranquille, encore éclairée par des lampadaires. Dans la pénombre, on aperçoit la silhouette de petites clôtures entourant des

jardins en fleurs.

 

La nuit tire à sa fin et le jour commence à peine à se lever. Les premières lueurs pénètrent dans la maison, encore endormie, par la fenêtre de la salle à manger. Dans l’obscurité, on commence à apercevoir le mobilier modeste mais chaleureux. Un rayon de soleil éclaire une belle table en bois. Au milieu se trouve un vase de fleurs, déposé sur un beau centre de table en dentelle de Bruges. Les quatre chaises de bois, rembourrées et cloutées, laissent apparaître les motifs d’un tissu en velours vert, un peu usé par le temps. Un petit vaisselier de coin, vitré, met en évidence le service de vaisselle, apparemment en porcelaine de Limoges. Sur les murs de papier peint aux grosses fleurs jaunies par le temps sont accrochées des reproductions de tableaux de grands maîtres. Sur l’un des murs, « Le déjeuner sur l’herbe », de Monet, trône, en plein milieu. Pendus sur un autre mur, décentrés et légèrement de travers, « Les tournesols », de Vincent Van Gogh. À côté, une vieille horloge grand-père, dont on n’entend que le tic-tac feutré, est le seul indice du temps qui passe, inlassablement, dans le silence.

 

Un craquement sourd, provenant du plafond, retentit et brise cette quiétude. Ce craquement provient du plancher de bois franc de la chambre au-dessus du salon et le va-et-vient des pas annonce le réveil des occupants de la maisonnette. Un petit grincement de la porte mal huilée se fait entendre, écorchant le paisible silence de l’aube, puis des pas résonnent de plus en plus fort dans l’escalier. La lumière s’allume et laisse apparaître une petite cuisine. Une femme en robe de chambre rose, encore endormie, bâille et s’étire de son mieux, se tenant devant l’évier. Elle commence sa routine matinale. Elle prend la bouilloire sur le comptoir, la remplit d’eau et la met à chauffer sur le feu du poêle. Elle sort deux bols et deux poches de thé qu’elle met sur la table, puis prend le pain de la huche et les confitures du placard. Elle se dirige vers la fenêtre et l’ouvre pour s’informer de la température extérieure. Elle contemple la rue encore déserte où seul un chat se promène. Il la regarde, attiré par le bruit. Quand elle referme la fenêtre, la bouilloire se met à siffler, indiquant que l’eau est prête. Marthe crie dans la cage d’escalier :

– Danny, il est l’heure de te lever, ton thé est servi.

 

    Marthe est une gentille petite dame d’un certain âge, aux airs de grand-mère gâteau. Ses cheveux sont blancs et bouclés, elle a de petites lunettes sur le nez et de bonnes joues potelées, avec un sourire angélique. Elle prend la bouilloire, remplit les bols d’eau chaude, puis y dépose les poches de thé. On entend une autre porte s’ouvrir et Danny descend, encore à moitié endormi, pour apparaître dans la cuisine. Ses cheveux brun foncé sont en bataille et ses beaux yeux bleus sont encore remplis de sommeil.

– As-tu bien dormi, mon petit Dan ?

– Oui, merci.

– Tu t’es couché tard hier soir, j’ai vu de la lumière sous le bas de ta porte. Il était passé minuit ! Tu devrais être plus raisonnable.

– Je suis rentré tard du travail et il fallait que je révise pour mon examen de mathématiques.

 

    Danny tartine une tranche de pain avec une grosse quantité de beurre et de bonne confiture à la rhubarbe que Marthe avait faite.

– Ah oui, c’est aujourd’hui que tu passes ton examen. J’espère que tu es prêt. Je suis sûre que tout va très bien se passer.

– Je l’espère moi aussi.

 

    Danny finit de déjeuner et monte se préparer pour aller au collège1.

 

    Marthe est la tutrice de Danny. Restée seule, sans enfant, après le décès de son mari, un militaire de carrière qui avait fait la guerre, elle aime Danny comme le fils qu’elle n’a pas eu. Elle est aux petits soins et veille sur lui comme une mère. Quant à Danny, lui qui a perdu sa mère lors de sa naissance et n’a jamais su qui était son père, il a été élevé de foyer d’accueil en foyer d’accueil et n’a pas eu la vie facile, jusqu’au jour où il s’est vu confier, à l’âge de 14 ans, à Marthe. Là, il a enfin pu avoir ce dont il rêvait depuis longtemps : une vie de famille et cela fait maintenant quatre ans. Danny le rend bien à Marthe, qu’il aime beaucoup et qu’il considère plus comme sa grand-mère. Il a beaucoup de reconnaissance et de respect pour elle et depuis, une harmonie de vie sereine suit son cours, au fur et à mesure que le temps passe. 

 

1 Le collège au Québec est l’équivalent du lycée en France.

 

    Danny redescend de sa chambre avec son sac puis finit la dernière petite goutte de thé de son bol.

– Est-ce que je t’attends pour dîner ce soir ? Je vais te faire un bon coq au vin que tu aimes tant, demande Marthe.

– Non, je travaille ce soir après mes cours.

 

    Danny travaille comme laveur de vaisselle chez Papa Luigi Pizza, un ami de Marthe, afin de se faire un peu d’argent de poche.

– Tu ne trouves pas que tu en fais trop ? Surtout avec cette période d’examens au collège !

– Non, ça va. Cette année, je trouve ça facile. Les profs sont super et ils ne nous bombardent pas trop de travaux. Ça me permet de donner plus d’heures à Luigi, surtout en ce moment, avec l’équipe d’archéologues qui vient pratiquement tous les jours. Il y a pas mal de boulot.

– Ah oui, les archéologues… Apparemment, ils ont trouvé des choses très anciennes sur le site.

– Oui. Tu devrais voir le site de fouille, c’est vraiment impressionnant. Ils l’ont barricadé pour ne pas que l’on voie, mais il y a des trous où l’on peut passer.

– Comment le sais-tu ? J’espère que tu ne fais pas de sottises et que tu ne vas pas sur le chantier, c’est très dangereux.

– Mais non. Ne te fais pas de soucis, c’est Pierre qui me l’a dit.

– Pierre est un garçon intrépide et j’espère qu’il ne t’entraîne pas dans de mauvais coups.

– Mais non. Je te le répète, ne te fais pas de soucis. Pierre est mon ami et je sais choisir mes amis.

– Je sais. En attendant, tu parles et parles et tu vas finir par être en retard. Allez, ouste et passe une bonne journée !

– OK, j’y vais. Bonne journée. Bye bye !

 

    Danny prend ses affaires, embrasse Marthe et sort de la maison.

 

    Dans la rue des Tilleuls, la vie s’active tranquillement. Danny marche d’un bon pas pour ne pas rater son autobus, la tête pleine de calculs et d’équations, afin d’être prêt pour son examen. Il croise les mêmes personnes chaque matin et, comme à son habitude, leur fait un signe de tête ou un sourire en guise de salut. Danny est un garçon bien élevé, malgré le parcours chaotique du début de sa jeune vie. Non pas qu’il ait été maltraité, mais il ne s’est jamais senti bien et heureux dans les familles d’accueil. Solitaire et introverti, il est méfiant, craintif et timide, même si, physiquement, la nature a été généreuse avec lui. On peut dire que c’est un beau gars. Il n’en reste pas moins qu’il est discret, qu’il n’aime pas les conflits et on peut considérer qu’il n’est pas très vaillant.

 

Arrivé à l’arrêt d’autobus, il attend, tout en observant autour de lui et en cherchant du regard si le chien qu’il a remarqué depuis quelques jours est là. Effectivement, un chien doberman, sûrement abandonné, erre dans le quartier et il a l’impression que ce chien le fixe à chaque fois qu’il l’aperçoit et ça le met mal à l’aise. Mais non.

 

Il n’a pas l’air d’être là aujourd’hui, se dit-il en montant dans l’autobus qui vient de s’immobiliser devant lui.

 

    Il s’assoit toujours à la même place et, quand le bus amorce son départ, la stupeur l’envahit. Le chien est très peu visible, mais il est bien là, caché derrière une voiture en stationnement, et il le fixe intensément en le suivant du regard jusqu’à ce que l’autobus s’éloigne et le perde de vue. Quelle sensation étrange… à vous glacer le sang ! Il n’aime pas ce sentiment qui l’envahit et n’arrive pas à enlever l’image du chien de ses pensées.

 

    À l’arrêt suivant, il est rejoint par sa meilleure amie Jade, une petite brunette aux yeux verts et au joli minois. Le choix de sa coiffure et de ses lunettes ne lui rend pas justice. De plus, elle vient d’une famille modeste et elle n’est pas habillée à la dernière mode. Ce sont des étudiants studieux et, depuis quatre ans, ils sont devenus inséparables. Jade est aussi timide et solitaire que lui, mais, s’étant retrouvés dans les mêmes cours, ils ont fini par étudier ensemble et se sont côtoyés de plus en plus, pour découvrir qu’ils avaient beaucoup de points en commun et les mêmes passions pour la musique et le cinéma. Depuis, une amitié sincère s’est développée.

 

– Salut Dan.

– Allô Jade.

– Ça va ? Tu n’as pas l’air dans ton assiette aujourd’hui, ce n’est pas l’exam qui te met dans cet état ? demande-t-elle.

– Non, j’ai encore vu ce maudit chien tout à l’heure.

– Encore ! Tu en fais une obsession !

– Il me fixait, intensément, à m’en faire peur, je t’assure. Et non, je n’en fais pas une obsession.

– Tu hallucines pour vrai, tu m’inquiètes, je ne t’ai jamais vu comme ça. Changeons de sujet, as-tu regardé le film hier soir sur le volcan de l’île de Santorin en Grèce ?

– Non, je suis rentré tard du boulot, il y avait de la vaisselle à n’en plus finir. Je n’ai jamais vu ça, depuis qu’ils ont trouvé les trucs du site archéologique, le resto fonctionne à plein régime, papa Luigi devient fou.

– Qu’est-ce qu’ils ont trouvé ?

– Oh ! Des trucs du genre une épée, un bouclier et je ne sais plus trop quoi.

– Je me demande de quelle époque cela peut bien venir. Es-tu prêt pour l’exam ? Moi je flippe un peu, tu sais que les maths, ce n’est pas ma tasse de thé.

– Tu me dis ça à chaque exam et tu as toujours de meilleures notes que moi, réplique Danny.

– Non, pas toujours. Je te signale qu’en histoire et géo t’es bien meilleur que toute la classe.

– Tu dis n’importe quoi.

– Dan, j’aurai quelque chose à te dire aujourd’hui.

– Ah oui, moi aussi. Qu’est-ce que tu veux me dire ?

– Non, pas maintenant, ce n’est pas l’endroit ni le moment.

– À quel sujet ?

– Tu verras bien ! Tiens, lève-toi, on arrive.

 

    Ils descendent de l’autobus et se dirigent vers le collège, où ils aperçoivent Pierre et Ariane. Comme d’habitude, ils sont en bas des marches de l’entrée principale, en train de se minoucher. Ils arrivent toujours les premiers, car ils habitent tous deux dans les résidences du campus, réservées aux étudiants du collège. Pierre est un grand écervelé, mince aux yeux et cheveux bruns, toujours mal peigné et mal habillé, ce qui ne l’empêche pas d’avoir un grand coeur et une gentillesse sans fond. Il est très espiègle et casse-cou, contrairement à Jade et Danny. Il est toujours prêt à faire des mauvais coups afin de se faire remarquer. Bref, complètement le contraire de ses deux amis qui, eux, préfèrent se faire oublier. Ariane, une petite blonde aux yeux verts, n’est pas aussi espiègle que Pierre, mais plus intrépide et toujours partante dans ses mauvaises blagues. Elle est amoureuse folle de Pierre et la meilleure amie et confidente de Jade. Le quatuor d’intellos est au complet. Les inséparables depuis quatre ans, les laissés pour compte, qui se sont retrouvés par hasard dans les mêmes classes, sont devenus, au fil du temps, un gang tricoté serré, comme on dit.

 

– Salut les tourtereaux ! leur lance Pierre.

– Arrête tes niaiseries, ce n’est plus drôle à la fin, réplique Danny.

– Non, ce n’est pas drôle, reprend Jade en regardant Ariane tout en hochant la tête.

   

    Là, nous nous apercevons, avec le comportement gêné de Jade, qu’il y a une petite étincelle dans ses yeux et que Danny ne la laisse pas indifférente. Est-ce là un sentiment inavoué qu’elle refoule au plus profond d’elle et qu’elle tente de cacher tant bien que mal ? Si Danny ne voit rien, ce grand idiot de Pierre, lui, l’a senti ou deviné, ou tout simplement Ariane a trop parlé.

 

– Tu es stupide, mon Coco, réplique Ariane en le fusillant du regard.

– Alors, on ne peut plus rire ? lâche Pierre avec le sourire.

 

     En se dirigeant dans le collège, les filles parlent ensemble, bras dessus bras dessous, et Pierre niaise, derrière, avec des amis. Quant à Danny, toujours dans ses pensées mathématiques, il croise le regard de la belle, très belle Jessy et de son gang de filles. Jessy est le genre de fille qui fait rêver tous les gars du collège et Danny n’y échappe pas. Ses équations font place à une pensée très agréable, en compagnie de la belle Jessy. Il reçoit un coup de coude de Jade qui lui dit :

 

– N’y pense même pas… Elle ne sait même pas que tu existes !

– Si, elle sait que j’existe, on a déjà eu des cours avec elle.

– Oui, je sais. Mais ce que je veux dire, sans te froisser, c’est que tu ne l’intéresseras jamais, elle n’en a que pour les joueurs de football dont les parents sont riches. De plus, c’est une fille superficielle. As-tu vu avec qui elle sort ?

– Avec le « m’as-tu-vu », le chouchou de ces dames, Ryan, le quart-arrière de l’équipe, réplique Ariane d’une petite voix moqueuse, avec une face de sourire pincé.

– Je sais, mais on a le droit de rêver, réplique Danny.

– De quoi parlez-vous tous les trois, demande Pierre ?

– De rien d’important, répond Jade, frustrée.

– Oh, de la belle Jessy !

– Pourquoi ? Tu trouves qu’elle est belle ? dit Ariane, les yeux froncés.

–Mais non mon amour, il n’y a que toi que je trouve belle, tu es la plus belle du monde.

 

    Il la prend dans ses bras en la faisant tournoyer devant tout le monde, tout en souriant.

 

– Vous, les garçons, il n’y a que la beauté qui compte, vous m’énervez, vous êtes tous pareils.

 

    Sur ces mots, Jade tourne les talons, furieuse de jalousie, pour se diriger vers l’auditorium.

 

– Tiens ! Regarde Dan ! Quand on parle du loup, on en voit la queue, le beau Ryan et sa clique de zombies, dit Ariane.

– Plutôt de moutons, réplique Pierre.

– Allez, à tout à l’heure, après l’exam, lance Ariane en tirant Pierre.

 

    Ils se dirigent à leur tour vers la salle et, en passant devant Ryan et ses acolytes, Pierre ne peut s’empêcher de braire en les affrontant du regard avec un grand sourire.

 

    Danny regarde le tout sans rien dire. Il croise à nouveau le regard de Jessy, qui lui sourit, mais il n’ose lui rendre la politesse. Il se sent observé par Ryan qui le regarde d’un air de dire : « Qu’est-ce que tu veux, moucheron ? » Il passe devant eux, la tête baissée, pour se rendre dans l’auditorium, car le premier coup de cloche retentit et annonce qu’il reste cinq minutes avant le début des examens.

Nouvel indice : le quatuor